A bicyclette Made in France

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Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins …
A bicyclette …

Voila la (folle) aventure dont je vais vous parler : celle de Fabien et Amandine (que je connais grâce à la FIMIF, association qui promeut le Made in France) qui sont partis pour un voyage hors norme : la traversée de l’Amérique latine à vélo pendant 1 année !
Dernier détail : leur monture sont des vélos Made in France ! C’est un sacré défi et surtout une belle aventure !

THE project

Des vies bien remplies à Paris et l’envie de voyager, l’envie de prendre son temps, adeptes du développement durable : voilà comment je résumerais leur envie de découvrir l’Amérique du sud à vélo.
Départ depuis la Colombie, passage par l’Equateur, la Bolivie, le Chili et enfin l’Argentine ! Quel beau programme !
Détail supplémentaire et très important :  ils souhaitent partir avec un maximum de matériel français (le côté Made in France qui reprend le dessus)
Ils vont essayer de rencontrer des producteurs et consommateurs du monde équitable et seront accueillis par la communauté Warm Showers (échange gratuit d’hébergement entre cyclorandonneurs).

Je vous invite à consulter leur itinéraire ici.

Des vélos et du matériel Made in France

Leur vélo est à 80% Made in France ! Quand on sait qu’il n’existe plus de production industrielle Française, on se rend compte de la performance réalisée.

Quelques détails sur leur vélo :

La liste complète est disponible ici.

Vêtements et matériel :

  • T-shirts Arod et Gentle Factory
  • Cuissards RaidLight
  • Vestes Arod
  • Chaussettes Millet
  • Sandalette Mephisto
  • Sacs de couchage Triple Zéro

Après cette brève présentation, le mieux est de connaître le sentiment de Fabien et Amandine (interview réalisée quelques jours avant leur départ)

Interview de Fabien et Amandine

Comment est venue cette idée de parcourir l’Amérique du sud en vélo ? une passion pour le cyclisme ? pourquoi ne pas choisir un moyen plus simple et plus rapide pour se déplacer comme le bus ou le train par exemple ?
Racontez-moi ce défi ou ce voyage atypique que vous préparez (temps de préparation, les différentes étapes à planifier du parcours, le matériel à emporter …

Nous voulions partir faire un grand voyage, ce que nous n’avions pas eu l’occasion de faire directement après nos études. Nous nous disions que ce serait bien de le faire avant de s’installer plus durablement dans la vie, avec des projets plus « enracinant » (enfants, entreprise à monter etc).

Je (Fabien) ne peux pas porter de sac lourd sur les épaules car j’ai déjà contracté deux phlébites* aux bras (*la veine se bouche par l’apparition d’un caillot de sang, ce qui est dangereux et à l’origine d’embolies pulmonaires…). Bref, nous avons donc mis de côté l’option sac à dos / Backpack. Nous conduisons sans problème, mais ne voulions pas partir en voiture où en van. Le vélo était une piste potentielle mais j’étais peu convaincu. Nous avons rencontré des voyageurs au Festival du voyage à vélo à Vincennes. Un petit passage qui nous a fait repartir avec quelques bouquins et pleins d’étoiles dans la tête suite à nos échanges avec les personnes rencontrées. C’était en janvier 2016.
Après quelques lectures, nous avons opté pour cette option. Nous souhaitions quand même tester ce « mode » de voyage : nous avons d’abord loué des vélos à Montmartre puis fait la première étape du Paris/Londres. Les vélos loués n’étaient pas adaptés pour les longues distances et ne nous permettaient pas de porter des sacoches de vélos. Nous avons donc acheté deux vélos VTC et des sacoches pour tester d’autres parcours : une petite branche de la Vélodyssée en partant de Bordeaux, le massif central de Moulin à Luneau et la traversée du Lubéron.
Après ces quelques expériences, le moyen de déplacement était validé.
Pour la destination, nous avons fait pragmatique : l’Amérique du sud offrait une palette de paysages à couper le souffle (désert, jungle, plages, montagnes etc…), l’avantage de ne parler qu’une seule langue, l’espagnol (nous ne passons pas par le Brésil), c’était assez sécuritaire pour rassurer nos proches (l’Asie par exemple est très dangereux pour les cyclistes) et le Moyen-Orient ne convenait pas, vu la situation politique actuelle.

Côté préparation, il faut compter une bonne année : entre les recherches pour le matériel, la fabrication du vélo (qui peut s’avérer longue… certains fabriquant ont des listes d’attente de 6 à 12 mois, identifier les grands axes et gérer le départ avec toutes les obligations administratives que cela engendre (négocier une année sabbatique avec l’employeur, déménager nos affaires personnelles, louer l’appartement, automatiser le paiement des impôts, la sécurité sociale ou encore les divers abonnements comme le téléphone).

Au niveau du budget : comment avez vous procéder ? ce sont les sponsors qui vous aident ?

Les sponsors nous ont beaucoup aidé sur l’aspect matériel en nous fournissant des composants pour nos vélos et des vêtements « techniques ».
Le budget avant le départ est surtout composé de l’achat du vélo et des billets d’avion. Nous avons fait avec ce que nous avions épargné ces dernières années.
Sur place, les rencontres et lectures effectuées nous assurent qu’il faut compter entre 10 et 15€ par jour et par personne pour boire, manger et dormir correctement.

Vous réalisez ce voyage avec des vélos sur mesure Made in France : encore un nouveau défi ? racontez-nous ce choix MIF et comment vous avez procédé pour en trouver un/fabriquer un ?

L’idée en préparant ce voyage, c’était aussi de continuer à consommer durablement, comme on le fait au quotidien, en limitant l’impact négatif de notre consommation. Je (Amandine) suis assez engagée en faveur d’une consommation locale, quand elle est synonyme de normes sociales et environnementales élevés. A la maison, cela se traduit par la défense du « made in France ». Donc pour l’achat de nos vélos, nous n’avons pas voulu renier les valeurs et aussi un peu le combat qui nous anime pour défendre la production française. Surtout qu’en cycle, il reste de très belles choses faites en France. Elle mériteraient juste d’être un peu plus mise en avant. Et là on s’est dit que c’était aussi ça notre voyage : partir (l’envie du voyage) à notre manière (vélo et made in france). Le concept était trouvé

Il n’existe plus de fabrication industrielle de vélo en France (il reste des assemblages dans certaines usines, mais les cadres sont fait en Europe de l’Est). Il reste par contre des fabricants artisanaux de vélos : ils sont peu, mais résistent. Quel meilleur moyen que de les aider si ce n’est de les faire travailler ? C’est donc sur une randonneuse artisanale que notre choix s’est porté. Tant qu’a partir avec un vélo artisanal, il fallait qu’il soit à notre taille, donc direction Egly, chez notre cadreur, pour prendre nos mesures et faire réaliser nos cadres. Dans le même temps, notre cadreur nous a aussi aidé à choisir les composants français qui soit compatibles entre eux (malheureusement, ce n’est pas toujours le cas)  et aussi des fois pas possible (cf point suivant)

Vos vélos sont-ils 100 % made in France ? des objets introuvables en Made in France ? Quelques détails  à nous donner sur vos vélos pour les plus passionnés de cyclisme?

Alors, on aurait aimé partir avec du 100% Français, mais ce n’est pas possible…

Déjà, des choses que nous n’avons pas trouvé en français : des freins, des béquilles, des poignées relevées….

Certains composants existaient en version « Made in France », mais nous avons choisi de partir avec du « Made in Ailleurs », pour plusieurs raisons :

  • Les groupes de vitesse existent en version française chez Stronglight (fabriqués à Saint Etienne). Notre problématique, c’est que ce n’est pas forcément hyper compatible avec le reste des pièces dont nous avions besoin et qui n’existent qu’en « Made in ailleurs ». On pouvait partir avec, mais cela aurait été moins durable, et signifiait de partir avec un vélo semi opérationnel, ce qui n’était pas envisageable vu la longueur du voyage et la charge sur le vélo.
  • Il a fallu également penser au remplacement des pièces en cas de panne : impossible de trouver des cassettes Stronglight au fin fond de l’Amérique du sud, ce qui signifiait la fin du voyage, ou du moins une grosse coupure. Comme Shimano équipe l’immense majorité des vélos du monde, et est disponible partout, il a fallu être pragmatique…
  • Certains produits n’existaient pas dans la gamme que nous recherchions : pour exemple, les moyeux Aivee ont deux gammes : les routes et les VTT. Bon, manque de bol, nous on est entre les deux. De même, il nous fallait 36 trous pour les rayons afin d’avoir des roues robuste. Chez Aivee, c’est 32 trous seulement. Finalement, il nous fallait une prise dynamo pour brancher nos lumières avant, ce dont les moyeux Aivee ne sont pas équipés.
Combien de temps partez-vous ? Quels pays allez-vous visiter ? Comment peut-on vous suivre régulièrement ? 

Nous partons une dizaine de mois en commençant par Carthagène des Indes en Colombie, puis nous traverserons l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine.

Nous avons créé plusieurs pages pour nous suivre :

  • notre blog www.a-bicyclette.org pour lire nos articles chaque semaine
  • nous sommes également sur Facebook pour les posts d’humeur et sur Instagram pour les photos du moment
  • enfin, il y a une chaîne YouTube que nous essayerons d’alimenter chaque mois

 

Est-ce que vous n’allez pas être limité avec vos vélos pour ce voyage?  Je pense à la visite d’endroits en Argentine qui sont haut en altitude (4300 mètres) ou la visite des glaciers si vous les faites?

La réalité est que nous ne pourrons pas tout faire à vélo. Il arrive que l’on pose les vélos quelque part puis que l’on parte en voiture ou en randonnée plusieurs jours.

Idem pour les cols difficiles à franchir, il est simple en Amérique du Sud de mettre les vélos à l’arrière d’un bus pour franchir les étapes les plus complexes. Nous partons en vélo parce que cela nous amuse, pas parce que nous voulons relever un défi physique, du coup nous avons décider d’y aller à la coule. L’idée est de s’amuser et de profiter.

Le mot de la fin

Je les remercie sincèrement pour leur disponibilité et pour avoir répondu à mes questions.
Je suis ravi d’avoir parler de leur superbe aventure et je vous invite à les suivre sur leur site et page Facebook.
Bonne aventure à vous deux !

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Nathan

2 commentaires

  1. Bonjour et bravo pour ce blog !
    belle initiative
    En attendant que nos politiques aient la volonté de protéger l’industrie française, c’est à nous consommateurs de nous organiser et d’acheter français, pour aider les emplois et le tissu industriel français !

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